Paroisse Saint Vincent de l’Hermitage
Paroisse Saint Vincent de l’Hermitage


On ira tous au paradis !

Cette chanson de Michel Polnareff date déjà de 1972 ! La chanson (paroles de Jean-Loup Dabadie qui écrira le scénario du film) avait moins choqué que l’affiche. Mais qu’en est-il vraiment ?


 

D’abord, en cette période de la Toussaint - tous saints ? - interrogeons-nous sur la sainteté. Pour faire simple, elle est le désir et la vocation de tout homme à rejoindre le Christ dans un état que l’on nomme « communion ». C’est, selon l’Évangile, une action impossible à l’être humain mais pas à Dieu et qui se fait par la collaboration de l’être humain à l’action divine dans le monde. Le « saint » est donc toute personne qui parvient à cette proximité.
Effectivement, vu du côté des hommes, les saints sont des êtres rares dont on discute beaucoup la canonisation au cours de longs débats. On les inscrit au calendrier, on en dresse l’inventaire. Maintenant, vu du côté de Dieu... Je me demande si Dieu ne serait pas un peu protestant car ceux-ci déclarent sainte toute personne ayant accepté le sang de Jésus versé à la Croix comme nécessaire et suffisant pour effacer ses péchés, car nous sommes tous pécheurs devant Dieu.
Revenons à notre bonne vieille Église catholique. Tout baptisé entre dans la communion des saints, c’est à dire l’union de l’ensemble des fidèles vivants et morts unis, par leur appartenance au Christ, dans une sorte de solidarité à travers l’espace et le temps. Et donc, comme nous faisons partie – ou espérons faire partie – de cette communion, nous sommes donc saints...
Et j’imagine certains d’entre vous dire « il y en a qui ne sont pas saints ! ». Jugement très difficile car notre sainteté dépend de Dieu miséricordieux et que, dans notre acte de contrition, nous disons « vous qui êtes infiniment bon ».
Cette réflexion me ramène à un souvenir très personnel : ma confirmation. Je l’ai faite en classe de CM2, en 1961. Pour le cérémonial, nous devions choisir un saint. J’avais choisi Abraham, mais cela m’a été refusé car il n’était pas « saint » : le premier, dans l’ordre chronologique étant le bon larron. Je me suis rabattu sur mon saint patron habituel, François d’Assise, ce qui n’est pas mal non plus selon notre pape. Grâce au Concile, j’ai appris, plus tard, que j’aurai pu conserver Abraham : il est saint. D’ailleurs, on fête la Saint Noé le 10 novembre ; pour Abraham, c’est le 20 décembre.
Dans cette perspective, la fête de la Toussaint doit être l’occasion de trois choses :
reconnaître auprès de chacun d’entre nous la part de sainteté que Dieu a donnée. (Et, croyez-moi, ce n’est pas facile) ;
voir, à travers notre saint patron, comment l’Esprit-Saint peut agir en nous, et comment le choix d’un prénom peut être libérateur pour celui qui le reçoit plutôt qu’étouffant*. D’où l’importance de parler de leur saint patron aux enfants dans un but de libération et non de moralisation ;
pratiquer la communion des saints. Je donne juste un petit exemple. Nos péchés sont pardonnés grâce à cette relation personnelle et sacramentelle que nous avons avec Dieu. Quid de la réparation ? C’est parfois impossible pour un individu, mais pas pour la communauté des saints : nos péchés entraînent souvent notre prochain dans la souffrance. Pauvreté, guerre... le Corps Mystique doit agir pour consoler, réparer. C’est à dire nous tous, mais pas tout seul. Ce qui signifie qu’on y arrivera ! On est déjà au paradis ici...
François BAUDEZ


*"L’instruction générale relative à l’état civil", d’août 1970, concernant le choix des prénoms, avait demandé que « l’on épargne aux enfants l’attribution de prénoms de pure fantaisie » !
Depuis, la ligne blanche a été franchie allègrement !
Dommage ! car un prénom, c’est pour la vie.
Raymond PEYRET





  Mentions légales   Contact     Administration        Suivre la vie du site    SPIP