Paroisse Saint Vincent de l’Hermitage
Paroisse Saint Vincent de l’Hermitage


Ma chère maman avait peur que je tourne mal….

En primaire, j’allais à l’école
publique de Loriol. J’ai
chanté de tout mon cœur
« Gloire à Jaurès, gloire à
l’école laïque » sur le
kiosque du Champ de Mars
un 14 juillet.


 

Ma chère maman avait peur
que je tourne mal. Elle
n’avait qu’un petit salaire.
Elle voulait me mettre en pension à l’Institution Notre-
Dame. Elle ne pouvait pas payer la pension. Elle a eu
l’audace d’aller voir le supérieur. Elle a pensé qu’on
pouvait lui faire des conditions sur le plan financier en
rappelant que son frère aîné avait été élève à
l’Institution. Il voulait être prêtre, moine de St Benoît. Il
avait été tué à 21 ans à la guerre, en 1915. Or, la
première division de l’institution était le petit séminaire
de notre diocèse. Le supérieur voulait bien m’accepter,
mais comme petit séminariste, afin que l’oeuvre des
vocations me prenne en charge. Maman a dit : « mon
fils n’a que 10 ans, je ne sais pas ce qu’il fera ; mais je
ne voudrais pas qu’on l’influence dans ce domaine. »
j’ai été témoin. Mais j’ai été témoin aussi des paroles
du supérieur qui lui étaient sûrement inspirées par le
Saint Esprit : « puisqu’il en est ainsi, je veux bien
mettre votre fils avec les collégiens, en souvenir de son
oncle, mais à l’essai ». Je suis donc entré à l’institution
Notre-Dame en 7ème (maintenant le CM2) à l’essai ;
mais j’y ai fait toutes mes études secondaires.

Là, j’ai appris à aimer Marie, notre bonne mère. Je me
rappelle son immense statue au dessus du tabernacle
qui nous regardait lorsque nous entrions dans la
chapelle. J’ai été marqué par la 1ère fête du 8 décembre,
fête de l’Immaculée Conception : pas de classe ce jour
là, belle messe le matin, bon repas à midi, concours de
jeux, beau salut du St Sacrement l’après midi, le soir,
un film (à cette époque, en 1932, c’était quelque
chose !!!) à la fin de cette année, j’ai été confirmé et
j’ai fait ma communion solennelle. J’ai été choisi pour
dire, au nom de tous, la consécration à Marie. Dans les
grandes classes, j’ai fait partie de la congrégation de la
Sainte Vierge. J’ai été marqué par l’ambiance
fraternelle entre les élèves et j’ai deviné qu’elle
découlait de l’influence de la quinzaine de prêtres qui
étaient nos professeurs.

Cela m’a soutenu dans mon désir d’être prêtre. J’ai
expérimenté, comme l’a dit Saint Bernard, qu’on va
bien à Jésus par Marie puisqu’elle m’a conduit de
l’institution à la maison qui était juste à côté : le grand
séminaire. Ordonné prêtre j’ai célébré ma première
messe à la chapelle de l’institution. Mon désir était d’y
revenir comme aumônier. Or, Monseigneur Pic, notre
évêque de l’époque, m’envoya comme vicaire à la
paroisse Sainte Catherine de Valence qui venait d’être
fondée. C’était une usine désaffectée qui servait
d’église.

Quelques mois après mon arrivée, l’évêque me
convoque et me dit : « je vais vous envoyer à
l’Institution Notre-Dame pour y être aumônier ». J’ai
donc obtenu ce que je désirais tant sans l’avoir
demandé. Pendant trois ans j’ai pu ainsi témoigner
toute ma reconnaissance à l’Institution.
Comment ne rendrais-je pas grâce à Dieu d’avoir été
aidé à devenir prêtre par le curé d’Ars, par Sainte
Thérèse de l’Enfant-Jésus et surtout par notre bonne
Mère, Marie, qui continuent à m’accompagner. Alléluia.

Père Max DELAROCQUE


Les articles précédents :
Le père Max (90 ans) prêtre de Ste Thérèse de l’Enfant Jésus.
Remerciements du Père Max
Père Max Delarocque : souvenir d’ordination
La joie d’être prêtre





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