Paroisse Saint Vincent de l’Hermitage
Paroisse Saint Vincent de l’Hermitage


Le septième jour, Dieu créa le repos et l’homme vit que cela était bon !

Nous connaissons tous le premier récit de la Création qui se termine par le septième jour, jour où Dieu se repose.


 

Au premier abord, c’est tellement incongru qu’il n’y a pas, dans l’iconographie religieuse, de représentation du septième jour. Dans la coupole de l’église Saint-Marc de Venise, le septième jour est représenté par un Christ en majesté, intercalé entre les six premiers jours et le second chapitre de la Genèse.
Dieu avait-Il besoin de se reposer ? La réponse à la question de saint Augustin n’est pas difficile à trouver : non, Dieu n’était pas fatigué par l’effort quasi insurmontable qu’Il a dû fournir pour créer nos ancêtres. Le repos de Dieu est à considérer au sens spirituel et non au sens charnel, donc plutôt dans le sens de quiétude, bonheur. D’ailleurs, il ne chôme pas : « Mon Père est à l’œuvre jusqu’à présent et j’œuvre moi aussi. » (Jn 5 17). Le repos du Seigneur, le septième jour, est donc pour les hommes aussi une invitation au repos, une invitation à rentrer dans son repos : s’il en fait « son jour » par excellence, il faut comprendre cela dans la dynamique profonde du dialogue d’alliance, c’est un dialogue d’amour qui ne connaît pas d’interruption, donc pas de soir...

Notre créateur a inscrit le repos au sein même de sa Création. Se reposer est nécessaire à notre vie. Non seulement la nuit, ce qui peut paraître évident, mais tout le temps. Pour bien apprendre, il faut utiliser le rythme de 20 minutes de concentration, cinq minutes de repos et ainsi de suite. Il y a aussi ce septième jour. L’agir de Dieu est le modèle de l’agir humain. Si Dieu a « repris haleine » le septième jour (Ex 31 17), l’homme doit aussi « chômer » et laisser les autres, surtout les pauvres, reprendre souffle (Ex 23 12). Le sabbat fait cesser les travaux quotidiens et accorde un répit. C’est un jour de protestation contre les servitudes du travail et le culte de l’argent. Les servitudes ne sont pas une allusion à « l’exploitation de l’homme par l’homme », mais à une façon de travailler qui ne laisse aucune place à un quelconque décentrement vers Dieu ou vers autrui. Trop souvent le culte de l’argent est une idolâtrie qui nous rend esclaves du travail rétribué en occultant sa fin première qui est de participer à la Création.

Le jour de repos est jour du Seigneur. Cesser les travaux quotidiens, c’est s’éveiller de l’anesthésie de notre vie de tous les jours, de l’engluement de nos préoccupations personnelles, pour retourner à l’essentiel : se consacrer à Dieu et le célébrer :
"Il est bon de rendre grâce à Yahvé,
de jouer pour ton nom, Très-Haut,
de publier au matin ton amour,
ta fidélité au long des nuits,
sur la lyre à dix cordes et la cithare,
avec un murmure de harpe.
Tu m’as réjoui, Yahvé, par tes œuvres,
devant l’ouvrage de tes mains je m’écrie :
« Que tes œuvres sont grandes, Yahvé,
combien profondes tes pensées ! [...] »

(Ps 92, Cantique du juste, Pour le jour du sabbat)

François BAUDEZ






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