Paroisse Saint Vincent de l’Hermitage
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Jardinier de la création

Cette année, les "Mardis de la Drôme" avaient donné rendez-vous à Albon, le 13 juillet dernier, pour parler de
la crise écologique


 

Fabien Revol, biologiste et doctorant en théologie,
a rappelé que la crise écologique est
essentiellement le fait des cultures Judéochrétiennes.
Les relations entre foi et nature se
décrivent (au cours des dix derniers siècles) en
terme de domination de la nature par l’homme,
élément que l’on ne retrouve pas dans les
religions asiatiques et les autres religions plus
respectueuses de "la terre nourricière". S’en est
suivie, en occident, la théorie du progrès constant
pour le "bien-être" de tous.

Sans être fondamentaliste, il est vrai qu’il
convient de revenir sur l’idée de "Maître" de la
nature – comprise initialement comme inscrite
dans le plan de Dieu et même comme une
"bénédiction" de Dieu par le confort matériel reçu
– pour un réel respect de la création. Notre
maitrise de la nature... est source de nuisance
pour la nature. Ce n’est pas forcément avec plus
de technique que l’on va résoudre les défauts
techniques qui détraquent la nature.
Le christianisme a développé de mauvaises
images avec la nature. Il a légitimé les attitudes
de domination et d’impérialisme sur la nature. Il
doit maintenant développer la nouvelle alliance :
Rm 8, 17-25 .. la création tout entière gémit
maintenant encore dans les douleurs de
l’enfantement.

Cette troisième voie de la réflexion chrétienne
vise nos désirs : atteindre le bonheur, mais pas de
la même façon, avoir un coeur d’enfant pour être
un humain à l’image de Dieu. Dieu regarde toute
la création et regarde aussi l’homme,

Il nous faut gérer la création comme serviteurs de
Dieu. Cultiver, préserver... dans un esprit de
célébration, dans un esprit d’action de grâce.
Mettre Dieu à la première place et se reposer
dans le Seigneur (Sabbat).

Nous n’avons pas respecté l’alliance avec Noé,
dans ce projet l’être humain est un gestionnaire et
le salut de la création passe par le respect de
l’alliance entre Dieu, l’homme et la création.

Daniel GUIGARD


DROIT DE RÉPONSE : Suite à l’article paru dans le trait d’union de septembre (n°179), nous avons reçu une précision du conférencier, Fabien Revol :
Vous avez pu lire : « la crise écologique est
essentiellement le fait des cultures judéo-chrétiennes
 », et « le christianisme a développé de
mauvaises images avec la nature ». Il faudrait
plutôt lire : La façon dont ont été interprétées et
vécues certaines doctrines chrétiennes au cours
des dix derniers siècles en Occident, a préparé en
profondeur, mais de manière indirecte et non
recherchée, le conditionnement culturel, politique
et économique responsable de la crise écologique.
De fait, ce conditionnement historique a suscité des
représentations de l’être humain et de la nature qui
semblaient être en consonance avec celles de la
Bible, mais les a, en fait, détournées du sens
authentique de la vocation humaine dans la
création.
C’est donc un peu plus complexe.
L’intérêt de la prise de conscience de ce processus
historique est de stimuler la théologie à repenser et
à reformuler dans des termes contemporains une
doctrine de la création qui soit apte à fournir une
image fidèle de la place de l’être humain dans la
création, telle qu’elle corresponde bien avec l’esprit
de la Tradition de la Révélation.





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