Paroisse Saint Vincent de l’Hermitage
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Hommage au Père Germain Fayat

Le 20 mai 2010 ont eu lieu les funérailles du Père Germain Fayat, en l’église de la Roche de Glun. Nous
rapportons ci-dessous les différents textes prononcés au cours de cette cérémonie, dont l’homélie de
Manuel Viana, diacre, suivie des témoignages.


 

"J’étais étranger et vous m’avez accueilli” Mt 25,

Ces mots de Jésus ont été un des plus grands engagements
de Germain, l’intérêt pour l’autre, différent a commencé
pendant son service militaire de 27 mois en Algérie. Là-bas, en
donnant à manger les restes de la troupe aux enfants
algériens qui faisaient les poubelles, il a compris que la misère
est la source de toute haine, et mène parfois à la guerre...

Je me souviens des visites qu’il effectuait au début des années
70 à des harkis, en transit alors avenue de Verdun près de
l’église saint Paul où il était vicaire, tout en étant aumônier du
collège Jean Zay, dans ce quartier du Polygone ou habitaient
déjà de nombreux immigrés, c’est là que je l’ai connu, arrivant
du Portugal. Il vint souvent, par la suite, partager notre repas,
et je n’ose l’affirmer, mais je suis presque sûr que c’est de là
que lui est venu l’envie d’apprendre notre langue. Parfois je
me demande s’il n’aimait pas plus notre pays que nous...
Vint ensuite la messe en portugais à saint Pie X. Germain eut
du mal, au début, avec la petite équipe de préparation ; en
effet, en préparant la messe, il essayait de faire réfléchir sur
les textes de la célébration, des gens à qui auparavant, au
Portugal, on ne demandait rien. Mais petit à petit cela se fit, il
comprit que la manière était non de réfléchir à la manière
militante de cette époque, mais plutôt de les aider à voir leur
vie, et ensuite dans leur vie y voir l’action de l’Esprit...
Par les portugais il vint tout naturellement à tous les autres
migrants... à la Pastorale des migrants, avec lui, nous avions
toujours en ligne de mire la fête de Pentecôte, beaucoup, ici
dans cette assemblée, y ont vécu des moments très forts. Il
fallait voir Germain, avec ses notes en main, remettre un peu
d’ordre français parmi tous ces peuples, tout en gardant son
calme, ce qui était pour lui un très, très grand effort...
Avec les migrants Germain, en disciple de Jésus-Christ, fit sien
le conseil du Père Chevrier : “ne travaillez pas à grandir et à
vous élever, mais travaillez à vous faire petits et à vous
rapetisser tellement que vous soyez à l’égal des pauvres pour
être, avec eux, vivre avec eux, mourir avec eux”.
Ce conseil du Père Chevrier il l’aura pratiqué au-delà du
possible dans sa maladie... Depuis octobre dernier Germain fut
plongé dans un monde où il ne contrôlait plus rien, il découvre
la force et le dévouement du personnel soignant, cet
engagement interrogeait sa foi. Il s’est abandonné et s’est
laissé porter avec le soutien de tous ses amis qui lui rendaient
visite de temps à autre.

“J’étais malade et vous m’avez visité” Cette phrase de Jésus a
vraiment été vécue au cours des visites que de temps en
temps nous lui faisions... mais pas forcément dans le sens où
on l’entend généralement, c’était plutôt Germain qui nous
visitait du fond de son lit, sa pauvreté, sa
fragilité, vécues dans la foi, nous renvoyaient à
notre foi.

Cette année, le Jeudi Saint, Germain était à
l’hôpital pour une “chimio”, le lendemain, de
retour chez lui, je lui rendis visite et ensemble
nous avons lu la Passion du Seigneur. Au cours
de notre partage il me fit connaître un texte du
Père Chevrier qu’il avait pour habitude de
méditer tous les vendredi Saint, ce texte qui n’a
pu être écrit que par un homme qui, comme
Germain, a éprouvé quelque chose des
angoisses du Christ à Gethsémani, je vous le
donne maintenant :

« Il faut que tu souffres maintenant les
humiliations des hommes... les souffrances, tout
le mépris des méchants afin que les hommes
qui aimeront la vérité aient en toi courage et
constance pour souffrir aussi eux mêmes pour la
vérité... je te glorifie ».

Manuel VIANA






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