Paroisse Saint Vincent de l’Hermitage
Paroisse Saint Vincent de l’Hermitage


Étranges étrangers.

Les mouvements considérables de populations qui se produisent depuis quelques années, l’appel à l’accueil bienveillant du pape François nous conduisent tout naturellement à réfléchir sur la notion d’étranger.


 

Le mot vient du latin extraneus, du dehors, extérieur ; qui n’est pas de la famille, du pays, étranger. Des habitants d’une commune peuvent être des étrangers pour ceux d’une commune voisine, et ceci peut parfois se révéler au sein même de notre paroisse.
Beaucoup d’étrangers ne sont pas nécessairement des immigrés. Louis XIV employa des « Romanichels » pour les travaux dans son château de Versailles (et pour espionner également). Les descendants de leurs familles, vivant toujours en nomades dans la région, sont considérés comme étrangers par une population installée ici de fraîche date. Saint Vincent de Paul s’offusque de ce que certaines dames d’œuvres traitent les miséreux comme des étrangers : ils étaient les premiers sans-papiers. Plus près de nous, en Louisiane, le peuple amérindien Houmas, francophone et catholique, n’est pas reconnu par le gouvernement fédéral, ses membres ont le statut de résidents étrangers et sont pris en charge socialement par le consulat de France.
Les religions n’utilisent pas nécessairement le terme d’étranger. Nous avons bien connu ici les guerres entre protestants et catholiques pour mesurer ce phénomène. Il nous a fallu en passer par là pour qu’aujourd’hui la liberté de conscience soit reconnue en Europe et que les différents croyants soient tous reconnus comme Français.
Le Christ, « prophète juif », vient libérer son peuple non de l’esclavage en Égypte, mais de l’esclavage du péché. Il agit pour notre liberté, et fait preuve lui-même d’une liberté étonnante qui se manifeste aussi dans ses relations avec des étrangers. Un centurion de l’armée romaine lui fait demander, par des notables juifs, de guérir son esclave en danger de mort, esclave qu’il appréciait beaucoup. Jésus se met en route. Quand alors le centurion fait confiance à Jésus en l’invitant à ne pas venir jusque chez lui : « Seigneur, je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit », mais en agissant par sa seule parole, « Jésus fut plein d’admiration pour lui… et dit à la foule : Je vous le déclare, même en Israël je n’ai pas trouvé une telle foi ».
La crainte de l’étranger – quel qu’il soit – est ancrée en nous parce que nous sommes encore esclaves du péché. Nous avons un très long chemin à parcourir, aux côtés du Christ, pour être libres.
« Je n’ai pas trouvé une telle foi ! » : pour rester libres, pour échapper à la guerre, ou à des conditions économiques difficiles, ils ont tout quitté pour gagner des pays de liberté. C’est, certainement, un acte de foi. Parfois au Christ, comme c’est le cas de Chrétiens d’Orient, souvent en l’Humanité. Ont-ils lu la lettre de Saint Paul aux Galates : « Il n’y a ni Juif, ni Grec, il n’y a ni esclave, ni homme libre, ni homme, ni femme : car tous, vous ne faites qu’un dans le Christ Jésus » ?
François BAUDEZ






  Mentions légales   Contact     Administration        Suivre la vie du site    SPIP