Paroisse Saint Vincent de l’Hermitage
Paroisse Saint Vincent de l’Hermitage


Ecolo, ma non troppo, Laudato Si !

Le pape serait-il un militant écologiste ? Son encyclique Laudato Si un manifeste politique ? Lors de son élection au siège de Saint-Pierre, le pape avait expliqué son choix de prénom : « François d’Assise, c’est pour moi l’homme de la pauvreté, l’homme de la paix, l’homme qui aime et préserve la Création ; en ce moment nous avons aussi avec la Création une relation qui n’est pas très bonne. » que l’on doit entendre, par "qui est catastrophique". Sa démarche est simple : respecter la Création conduit implicitement à respecter le Créateur.


 

Des agriculteurs chrétiens de Drôme et d’Ardèche se réunissent chaque premier lundi du mois à 21h à la collégiale de Saint-Donat pour un temps d’adoration et de prière, suivi d’un temps de partage.
Temps d’adoration et de prière, d’abord. Par nécessité, un agriculteur est toujours modeste face à la nature, cela se retrouve dans sa façon de prier, de remettre ses efforts, son travail, ses résultats au Seigneur.
Dans ce moment de prière, le mot d’Offrande prend tout son sens. Mieux, comme une mère donne le sein à son nouveau-né, ils nourrissent les hommes, ce qui est une grande responsabilité. Ils portent aussi, dans leur prière, les difficultés actuelles de leur profession : beaucoup d’agriculteurs sont au bout du rouleau...
Temps de partage ensuite. J’en profite pour les interroger sur Laudato Si. Première surprise : bio, ou agriculture raisonnée, ou en « transition », ils s’inscrivent tous, parfois depuis longtemps, dans ce mouvement.
« Il m’a fallu un déclic, me confie l’un d’entre eux. J’ai dû louper une récolte pour avoir, devant mes yeux, une manière de travailler qui ne correspondait pas à mes idéaux. Je me suis dit : ce qui t’est arrivé n’est que la conséquence de ce que tu as fait. » « Le chrétien n’est pas un exploiteur, avance un deuxième, on ne peut pas faire n’importe quoi. »
La génération de ceux qui ont abordé le métier dans les années 60 n’avait pas le recul nécessaire pour connaître les conséquences d’une utilisation forcenée des pesticides. Les cancers les rattrapent la retraite venue : leurs enfants veulent un autre avenir.
« Par exemple, dans le vin, les consommateurs sont prêts à mettre un certain prix, mais avec une assurance que cela ne les rendra pas malades. La biodynamie, l’agriculture raisonnée, voire le bio s’imposent progressivement dans ce secteur. » En outre, cette nouvelle agriculture permettrait de gagner honnêtement sa vie.
« Nous ne sommes pas les seuls acteurs de la filière alimentaire, dit l’un, lorsqu’on sait que 30% de ce que nous produisons est jeté. Il faut arriver aussi à un changement de comportement du consommateur, du distributeur, de certaines coopératives ».
Le pape François n’a pas enfoncé une porte ouverte, il a simplement inscrit la démarche « de ces hommes de bonne volonté dans le projet de Dieu ».
Et nous sommes tous invités à œuvrer dans cette direction, avec nos moyens.
François BAUDEZ


Photo : Vignes à Gervans, traitement aux phéromones





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