Paroisse Saint Vincent de l’Hermitage
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Du principe de précaution appliqué à notre vie spirituelle

Le principe de précaution, inscrit dans notre Constitution depuis 2005, consiste essentiellement à responsabiliser l’individu au défaut d’anticiper et de prévenir des risques qui restent impossibles à vérifier dans le présent, mais dont la réalisation future est susceptible d’entraîner un préjudice sérieux et généralisé.


 

Il nous parle de danger, de risque, de prévention et de précaution. Voyons ces deux derniers termes : la prévention s’exerce quand un danger est identifié et peut être mesuré, quantifié.
La précaution est un soupçon raisonnable sur la base de travaux scientifiques sérieux. Tant que le danger n’est pas identifié, il n’est évidemment pas possible d’en calculer le risque.
Et bien, dans notre vie spirituelle, il en va de même avec le péché dont les conséquences pour nous ne sont pas mesurables. Comme le dit la première lettre de Jacques : quand quelqu’un est tenté, c’est qu’il est « attiré et séduit par sa propre convoitise » (Jac 1:14). Il s’agit de mettre en œuvre ce principe de précaution pour échapper au péché.
Or l’Église, qui vit sa vocation dans ce monde tel qu’il est, réfléchit au sens de cette demande du Notre Père (ancienne formule) : « ne nous soumets pas à la tentation ». Ce que nous demandons à Dieu, c’est de faire que nous ne soyons pas enfermés dans les difficultés, qu’il ouvre de nouvelles issues possibles pour celui qui est en difficulté et nous aide à sentir, à travers ces brèches, comme un léger souffle d’air qui nous permette déjà de savoir qu’il y a une issue.
Jésus parle en connaissance de cause, lui aussi a connu la tentation de ne penser plus qu’à lui-même (Mat 4:3), et la tentation de se laisser tomber (4:5), et la tentation d’abandonner l’espérance en Dieu (4:8). Mais l’Esprit l’a soutenu pour dire « non » à ses négativités. Et Jésus témoigne de cette conviction : c’est normal d’être faible, nous le sommes tous, mais nous ne sommes pas que cette faiblesse. L’Esprit, c’est à dire la bonne dynamique de vie qu’est Dieu en nous, est prêt pour nous donner la victoire contre le Mal.
Dans le Notre-Père, ne l’oublions pas, nous prions aux côtés du Christ. Dernier point : qu’est-ce que la tentation ? On croit souvent que la tentation est un mal moral, tentation du mensonge ou de l’adultère, mais ce n’est pas le cas. La nouvelle formule, que nous utiliserons dès le premier dimanche de l’Avent, « Ne nous laisse pas entrer en tentation » nous donne d’ailleurs une indication, elle fait plutôt penser que ce serait un lieu ! Et c’est dans l’Ancien Testament qu’il faudrait aller chercher l’origine de ce lieu. En effet, le terme grec de peirasmos, la tentation dans le Notre Père, se retrouve dans la version grecque de l’Ancien Testament, au chapitre 17 du livre de l’Exode. Le peuple d’Israël arrive dans un lieu nommé Refidim, le repos en hébreu. Mais là, parce qu’il manque d’eau, il doute de la présence de Dieu. Moïse donne donc à ce lieu le nom de « Massa », soit en grec peirasmos (tentation) et « Meriba » qui veut dire querelle. L’endroit qui était un lieu de repos devient un lieu de tentation et de querelle parce que le peuple d’Israël met Dieu à l’épreuve. Appliquant ce principe de précaution, guidé par l’Esprit, notre but est d’éviter d’aller dans cet endroit ! Ne pas aller à Massa, tout simplement. Et comme dit le Christ au mont des Oliviers : « Veillez et priez ».
François BAUDEZ






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