Paroisse Saint Vincent de l’Hermitage
Paroisse Saint Vincent de l’Hermitage


Dieu sur la paille
 

De nos jours, les fins de mois deviennent difficiles.
En témoignent quelques phrases de cette lettre
d’une mère de famille : « Cette année, je suis un
peu angoissée, exaspérée. Oui, c’est le mot :
exaspérée ! Même si je suis de nature optimiste,
rien ne m’y pousse actuellement.

Tout a augmenté : l’eau,
l’électricité, le gaz. Je faisais des
"heures sup" parce que ça
mettait du beurre dans les
épinards et hop, celles-ci vont
être imposées. La voiture,
indispensable, elle est tombée en
rade, à quinze kilomètres de la
maison. Hop : un imprévu de
plus... »

Dans l’Hermitage, il y a sans
doute moins de misères que dans
d’autres régions. Pourtant,
ouvrons bien nos yeux et nos
oreilles. Nous avons appris que,
depuis le 5 novembre, une
période de chômage a débuté
chez Trigano pour environ un
mois – et cela concerne tous ceux
de notre canton qui y travaillent.
Eh oui ! Les commandes là bas
ont baissé de 26 % par rapport à
la même époque 2011.

Par les récents rapports du Secours Catholique qui
ont été établis au plan national et par la Drôme et
l’Ardèche, nous avons appris que la grande
pauvreté augmente ; elle touche aujourd’hui, en
France, deux millions de personnes. Nous
assistons notamment à une féminisation de la
pauvreté, spécialement dans les familles
monoparentales. Croyez-moi : ce phénomène
existe même à Tain l’Hermitage et provoque, de
nuit, chez les mères, des pleurs qui traumatisent
les enfants.

Il y a quelques vingt siècles,
Marie et Joseph étaient en
déplacement à Bethléem, en
raison d’un recensement.
Pendant qu’ils étaient là, Marie
mit au monde Jésus : elle
l’emmaillota et le coucha dans la
mangeoire de l’étable. C’est ainsi
qu’est venu au monde, "sur la
paille"
, celui qui avait été
annoncé par les prophètes et qui
était le Fils même de Dieu. Il a
choisi la pauvreté, non par
masochisme, mais parce qu’il a
voulu partager la condition des
plus pauvres. Et aujourd’hui
encore, ainsi qu’Il l’a annoncé
dans le discours sur le Jugement
dernier, Il s’identifie aux plus
pauvres. Dans ces conditions,
oser fêter Noël par un réveillon
au prix écœurant, est impensable
pour un chrétien. En vérité, Noël
commence à être dignement fêté quand nous
faisons porte ouverte à ceux que nous sentons
dans le besoin et le désarroi. Car Dieu est toujours
"sur la paille"...

Raymond PEYRET






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