Paroisse Saint Vincent de l’Hermitage
Paroisse Saint Vincent de l’Hermitage


De Madagascar à Tain-Tournon : Noël chez nos frères et soeurs protestants

La crèche... La messe de minuit, devenue une messe des familles au soir du 24 décembre... Chacun sait comment les catholiques célèbrent Noël. Et les protestants, comment le célèbrent-ils ?
Pour le savoir, nous avons rencontré pour vous Mme Raony RAKOTO, pasteure de la paroisse protestante
de Tain-Tournon et malgache d’origine.


 

- Vous êtes en France depuis 1975 et arrivée à Tournon
en juillet 2011 . Mais vous n’avez sans doute pas oublié
comment à Madagascar on fête Noël ?

- Tout à fait ! Jusqu’à mon bac, j’ai grandi à Madagascar
dans l’Église protestante et je ne peux oublier Noël. A
Noël, les temples sont pleins ; on n’a plus de place pour
s’asseoir.

JPEG - 289 ko
Madame la pasteure
Raony Rakoto Vololondriaka

On célèbre un culte le matin et un autre l’après midi
avec la participation des enfants ! C’est vraiment toute
la journée qui est consacrée à Noël. On peut même dire
que jusqu’à l’Épiphanie, le temps est toujours imprégné
de Noël, même dans les familles où l’on offre et reçoit
des cadeaux.
Dans la mentalité malgache, c’est important d’offrir.

- Et en France, comment cela se passe t-il ?
- Noël, c’est la célébration de la naissance du Christ.
Toutes les Églises de la Réforme fêtent Noël le 25
décembre, par un culte comportant la Sainte Cène. Je
dis bien le 25 décembre et non pas la veille. Le 24
décembre, chaque paroisse organise une assemblée de
prières et de cantiques, à 18 h, comme à Tournon, ou
à 20h, voire 22h. Mais il n’y a pas là de Sainte Cène.
C’est comme une préparation méditative à la fête.
D’autres paroisses avancent cette préparation à un
samedi ou à un dimanche avant les vacances, en
particulier pour les enfants.

- Confectionnez-vous des crèches ?
- En général, pas de crèche chez les protestants, car
nous ne faisons pas de représentation physique mais il
y a toujours un sapin. C’est l’arbre qui reste vert toute
l’année, qui rappelle d’ailleurs "l’arbre de vie" dont parle
la Genèse (2-9).
Hélas, de nos jours, l’arbre est devenu
commercial, mais chez nous il est décoré
d’étoiles et de petites bougies.

- Dans nos villes, on a l’impression que Noël
est devenue la fête de l’opulence. On voit
des boites de caviar à 200 € dans les grands
magasins, et un peu plus loin on voit un
mendiant dans un sac de couchage. On ne
devrait pas oublier que la naissance de Jésus
a eu lieu dans la précarité.
La communauté protestante a-t-elle une
attention pour les démunis ?

- Pas directement à Noël ; c’est surtout
pendant le Carême. A Noël, les familles sont
en fête et invitent à leur table des personnes
isolées ou démunies. Pour qu’elles aussi
soient en fête.

Interview recueillie par Raymond PEYRET
et Fabienne FAUQUET






  Mentions légales   Contact     Administration        Suivre la vie du site    SPIP