Paroisse Saint Vincent de l’Hermitage
Paroisse Saint Vincent de l’Hermitage


Chasse à la solitude dans l’Hermitage

La France compte soixante cinq millions
d’habitants. Figurez-vous que quatre millions
vivent isolés et la moitié d’entre eux en souffre
même "de manière aigüe". C’est ce que révèle
une étude de la très sérieuse Fondation de
France.


 

Mais les chiffres forts, en termes de
millions ou de milliards, ne nous disent parfois
rien ; nous imaginons difficilement ce qu’ils
représentent. Traduisons-les donc à l’échelon de
notre canton. Un canton qui compte, en 2011,
22 415 habitants. En tenant compte du même
pourcentage que pour la France, on peut conclure
que dans l’Hermitage un peu plus de 1300
personnes souffrent de l’isolement et environ 670
en souffrent "de manière aigüe"... Cela fait
beaucoup, vous ne trouvez pas ? Presque Érôme
et Serves réunis, pour le premier nombre, et
Serves pour le deuxième.

Concrètement, quelles peuvent être ces
personnes ? Pour un tiers, cela correspond aux
résidents des trois maisons de retraite du canton,
auxquels on peut ajouter les hospitalisés de chez
nous à La Teppe, Tournon, Romans, Valence et
Saint Vallier. Les deux autres tiers sont constitués
des veuves ou veufs, des divorcés, des malades,
des déprimés, handicapés ou chômeurs. Ceux-là
vivent tout près de nous. Ce sont peut-être des
voisins de palier...

Qui va s’occuper d’eux ? L’État n’en a pas les
moyens. Il a simplement décidé que la lutte
contre l’isolement soit déclarée en 2011 "grande
cause nationale". Qui peut s’occuper d’eux ? Les
communes ? Sans doute pour une toute petite
part, par le biais du C.C.A.S. Qui encore ? Les
équipes de la pastorale de la santé. Elles visitent
en effet les trois maisons de retraite et quelques
autres malades encore. Oui, mais s’il y a 1300 ou
670 isolés, il faudrait des dizaines et des
dizaines de visiteurs ! Pour demander
des nouvelles, pour remettre encore par
exemple le Trait d’Union. M’est avis
qu’en chaque communauté, l’équipe
"Relais" ferait bien d’être attentive à ce
phénomène de fracture sociale et
apporter sa contribution.

Faisons la chasse à la solitude. Que
jamais on ne puisse écrire dans la
presse française qu’on a découvert dans
un appartement de l’Hermitage, un an
après son décès, le corps d’un homme
de 62 ans.

Père Raymond PEYRET






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