Paroisse Saint Vincent de l’Hermitage
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Carême : l’aumône, la prière et le jeûne

A la messe qui ouvre le Carême, Jésus nous invite à faire l’aumône, à prier et à jeûner "dans le secret, car ton Père voit ce que tu fais en secret" (Évangile du mercredi des cendres). Nous sommes donc invités à marquer ce temps de pénitence qui nous prépare à Pâques en pratiquant ces trois dimensions de la vie chrétienne : l’aumône, la prière et le jeûne.


 

Si nous sommes relativement à l’aise avec l’aumône et la prière, nous le sommes peut-être moins avec le jeûne. Sans doute, l’idée de privation va totalement à l’encontre de notre mentalité façonnée par une société de consommation. Peut-être aussi, l’assimilation du jeûne avec le fait de "manger du poisson le vendredi" peut nous sembler totalement insignifiant...
J’aime à lier les trois attitudes du Carême au triple commandement que Jésus donne en réponse à la question du scribe : "Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme... et ton prochain comme toi-même." (Mt 22, 37-39) Par la prière, nous grandissons dans l’amour de Dieu ; par l’aumône et le partage, nous grandissons dans l’amour du prochain ; par le jeûne, nous grandissons donc dans l’amour de nous-même.
Mais qu’est ce que le jeûne ? On le confond souvent avec l’abstinence. Ce sont deux réalités proches, qui nous sont toutes deux proposées pendant le Carême, mais qui sont aussi différentes et ont des objectifs distincts.
Jeûner, c’est se priver substantiellement de nourriture et de boisson. Ce n’est pas se priver du superflu, mais se priver du nécessaire, de ce qui est vital. L’Église demande à tous les fidèles majeurs et jusqu’à l’âge de soixante ans, de jeûner le mercredi des Cendres et le Vendredi Saint. Elle conseille aussi le jeûne le Samedi Saint. Concrètement, l’Église prescrit de ne faire qu’un seul repas les jours de jeûne, avec éventuellement une autre petite collation si nécessaire. On peut aussi jeûner en ne prenant comme nourriture et boisson que du pain et de l’eau.
Le pape François, dans son message de Carême, dit que le jeûne est une occasion de croissance : "d’une part, il nous permet d’expérimenter ce qu’éprouvent tous ceux qui manquent du strict nécessaire et connaissent les affres quotidiennes de la faim ; et d’autre part, il représente la condition de notre âme, affamée de bonté et assoiffée de la vie de Dieu. Le jeûne nous réveille, nous rend plus attentifs à Dieu et au prochain, il réveille la volonté d’obéir à Dieu, qui seul rassasie notre faim."
Le jeûne est bien évidemment lié aux deux autres pratiques. Le temps que je libère en ne mangeant pas peut être donné à la prière ou à la rencontre. L’argent que j’économise peut-être lui aussi donné. Le prophète Isaïe faisait déjà ce lien : "Quel est donc le jeûne qui me plaît ? N’est ce pas rendre la liberté aux opprimés, partager ton pain avec celui qui a faim, recueillir chez toi le malheureux sans abri, ne pas te dérober à ton semblable..." (Is 58, 1-9)
L’abstinence est une pratique voisine du jeûne, mais qui ne touche pas ce qui est vital. Il s’agit de s’abstenir, traditionnellement de viande, mais cela peut être aussi d’alcool, de tabac, de friandises, d’écran, d’internet, de téléphone, de jeux, de vitesse au volant...
Elle est conseillée tous les vendredis et demandée les vendredis de Carême à tous les fidèles âgés au moins de quatorze ans.
Nous comprenons bien que l’abstinence, outre son côté pénitentiel, est aussi un chemin de libération, pour revenir à l’essentiel. C’est ce qu’exprime une des préfaces qu’on dit à la messe pendant le Carême : "Père très saint... tu veux, par notre jeûne et nos privations, réprimer nos penchants mauvais, élever nos esprits, nous donner la force".
Enfin, jeûne et abstinence ont une dimension missionnaire. C’est par les quarante jours de jeûne au désert que Jésus s’est préparé à sa mission. Le jeûne du Carême nous invite à "chercher d’abord le Royaume de Dieu et sa justice", il nous permet de nous convertir et de croire à l’Évangile, il nous prépare à être nous aussi des disciples et des missionnaires de cette Bonne Nouvelle.
Père Frédéric SEILLER






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