Paroisse Saint Vincent de l’Hermitage
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Aujourd’hui vous est né un Sauveur, le Christ Seigneur.

25 décembre 2016 : Homélie du Père Philippe Maurin.


 

C’est un message de moins de 140 signes qui nous est envoyé.
Message miniature au milieu de tous les vacarmes de notre monde, et de nos vacarmes intérieurs.
Message miniature qui peut passer inaperçu.
Message miniature qui peut nous faire apercevoir 4 dimensions paradoxales de Noël.

Noël c’est l’errance et l’aventure : une famille jetée sur la route par le désir d’un empereur faisant ses comptes de population. Joseph et Marie devenus migrants par la volonté d’un Etat qui prétend contrôler, savoir…
Avant même le début de sa vie, l’Enfant est menacé par les pouvoirs de la terre.
Cette famille prend place dans la longue cohorte des déplacés de tous les temps, déplacés sans l’avoir désiré, déplacés sans le rechercher pour un confort personnel.
Oui entendons : aujourd’hui en ce tournant de 2016-0217 au milieu de nos évènements douloureux voire même inhumains, un Sauveur est présent. Il dépend de nous d’entendre son annonce et de l’accueillir.

Noël c’est un accouchement, un enfantement : un homme et une femme accueillent une nouvelle vie, un avenir ouvert, une espérance. C’est le temps de s’arrêter, de s’émerveiller, de faire de la place au nouveau.
Au début de sa vie l’Enfant s’en remet aux humains : il est faible, il a besoin d’eux, il remet son existence entre leurs mains.
Marie et Joseph responsables d’une vie, comme tous les parents, comme tous ceux qui ont souci des autres.
Oui entendons : aujourd’hui c’est au milieu de nos émerveillements, de nos responsabilités, de nos joies et tristesses, que le Sauveur est présent ; ce n’est pas ailleurs que nous avons à le chercher.

Noël c’est la solitude d’une famille dans le silence : par manque de place, la salle commune chaude et bruyante ne les accueille pas. Et c’est le souffle des animaux qui les reçoit.
Au début de sa vie l’Enfant est couché dans une mangeoire, comme un signe déjà présent du sens de sa vie.
Marie, Joseph et l’Enfant passant d’auberge en caravansérail, s’entendant partout dire qu’il n’y avait pas de place pour eux, se retrouvent à la périphérie du monde des humains.
Oui entendons : aujourd’hui le Sauveur vient rejoindre les originaux, les irréguliers, ceux qu’un jour il appellera les plus petits d’entre les miens. Il nous invite à agir dans nos prisons et tous nos enfermements afin que plus aucun être humain ne puisse désespérer d’être rejeté.

Noel c’est la disproportion flagrante entre la solennité de l’annonce et l’humilité du signe : des anges, un lumière, pour un bébé dans ses couches et même pas dans un palais.
L’Enfant dès sa naissance étonne et cet étonnement peut conduire au scepticisme ou à la foi.
Luc nous décrit ce chemin des bergers vers la foi : il y a la lumière qui va avec la crainte, mais pour faire la mise au point, il leur faut écouter un parole, lui obéir et se mettre en route. Alors peut avoir lieu une rencontre.
Les bergers nous apprennent le mouvement de la Bonne Nouvelle : entendre, rencontrer puis aller annoncer. C’est ce mouvement qui fait connaître l’évènement que les chrétiens regardent comme le cœur de l’histoire humaine, comme le centre de leur vie : Dieu se fait enfant, donné aux hommes pour que tous ceux qui l’accueillent reçoivent le pouvoir de devenir fils de Dieu.
Oui entendons : aujourd’hui comme les bergers, chacun de nous peut entrer dans ce mouvement : écouter, contempler l’Enfant pour devenir ses messagers et ses témoins dans notre monde.

Il est singulier que les Evangiles nous montrent un Sauveur qui se risque dans l’aventure humaine et ses aléas, un Sauveur qui a besoin de nous. Les Evangiles nous proposent un foi toujours surprise par Dieu et son Christ, une foi qui se refuse à les annexer et qui reste, pour cette raison, malgré ses erreurs et ses vicissitudes, obstinément fidèle au mystère de Noel.

Le mystère de Noel c’est l’Emmanuel qui nous révèle aujourd’hui le visage surprenant d’un Dieu qui aime.
Cet amour est pour nous : il nous aide et nous fait grandir. Mais comme l’amour de tout parent, il n’évite rien à ses enfants, ni échec, ni difficulté, ni chute. C’est un amour qui relève.
Cet amour nous donne une responsabilité : nous sommes appelés à aimer, à être témoins de cet amour universel. C’est un amour à partager.
Cet amour est pour tous les hommes : Dieu se lie à l’humanité. C’est un amour inimaginable qu’il nous propose de vivre aujourd’hui.

Emmanuel, tu es présent au milieu de nous, proche de chaque homme.
En ce soir, dans le monde entier, on se rassemble autour de Toi,
Toi, manifestation de l’amour du Père pour tous les hommes.
O Christ, Emmanuel,
O Christ, nouveauté de Dieu,
Tu nous est donné comme sauveur,
Viens Seigneur, viens.

Père Philippe Maurin






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