Paroisse Saint Vincent de l’Hermitage
Paroisse Saint Vincent de l’Hermitage


Allumez le feu !

Après le temps du carême et la semaine sainte, nous allons tous ensemble vivre le temps pascal, c’est à dire les cinquante jours à partir du dimanche de la Résurrection jusqu’à celui de Pentecôte. Cette période est célébrée dans la joie et l’exultation comme si c’était un jour de fête unique, ou mieux "un grand dimanche". Certains spécialistes de la liturgie disent une semaine de semaines.


 

La célébration de la Pâque commence par un feu... Et, lorsque le cierge pascal est allumé, il ne faut pas y voir une flamme, mais un feu.
Nous pourrions être étonnés que le symbole du passage de la mort à la vie soit le feu. Nous avons une certaine image du feu : les incendies, les brûlures... En revanche, il y a une autre idée à développer : le néandertalien a appris à maîtriser le feu en même temps qu’il développait des rites funéraires ; c’est donc au plus profond de l’Homme que se crée le lien entre le feu et le spirituel. Pour Moïse, le buisson ardent est bien l’arbre de vie, cet arbre dont parle le second récit de la création(1) : « Et Yahweh Dieu dit : " Voici que l’homme est devenu comme l’un de nous, pour la connaissance du bien et du mal. Maintenant, qu’il n’avance pas sa main, qu’il ne prenne pas aussi de l’arbre de vie, pour en manger et vivre éternellement. » Sauf que, par la Passion et la Résurrection de Jésus, nous sommes désormais invités à manger cet arbre de vie, à travers l’Eucharistie en particulier.
On peut aimer un peu ou brûler d’amour. Voilà à quoi nous invite ce temps pascal. Jean Paul II définit bien comment le Christ est tout feu tout flamme pour nous(2) : « Tu brûles du désir d’être aimé, et celui qui se met en harmonie avec les sentiments de ton cœur apprend à être le constructeur de la nouvelle civilisation de l’amour. Un simple acte de confiance suffit à briser la barrière de l’obscurité et de la tristesse, du doute et du désespoir. Les rayons de ta miséricorde divine redonnent l’espérance de façon particulière à celui qui se sent écrasé par le poids du péché. »
Comment donc vivre ces sept semaines ? En réanimant la flamme qui sommeille en nous, en allumant une à une les bougies de notre chandelier à sept branches spirituelles, qui est bien la marque de la présence de Dieu.
Aujourd’hui, on parle beaucoup de lâcher prise. Nous avons développé des résistances internes, des « condition-nements » qui nous entravent. Il faut parvenir à s’en débarrasser, du moins en partie, pour laisser l’Autre agir en nous. Être brûlant d’amour signifie que nous sommes deux à aimer : nous et Lui en nous. Parce que, même les pompiers vous le diront, le feu se propage très vite. Alors si c’est pour propager la vie, allons-y.
Nous avons un point commun avec Dieu : nous brûlons du désir d’être aimé. Reconnaissons-le, cela fait partie de la condition humaine... ou divine. Donc brûlons ces sept semaines du temps pascal. Et à la Pentecôte, nous recevrons le feu de l’Esprit : là, c’est une autre histoire !.
François BAUDEZ


1 - Gn 3, 24
2 - Homélie du deuxième dimanche de Pâques, le 14 avril 2007.





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